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Parall3l3

Il y a des histoires qui suivent un chemin tout tracé, et d’autres qui dansent sur le fil des possibles.

La nôtre a commencé un 3 mars 2023. Un premier baiser, volé ou offert, selon la manière dont on choisit de le voir. Depuis, il y a eu ces instants suspendus, ces regards qui en disaient trop ou pas assez, ces défis lancés sans jamais vraiment savoir si on oserait les relever. Il y a eu une plaque gravée quelque part, un secret englouti sous l’eau, des kilomètres avalés pour quelques minutes volées, des attentes interminables et des pensées qui traversaient l’océan, mesurant 13 333 kilomètres de distance et pourtant si proches.

C’est ainsi que l’histoire s’est écrite… du moins, c’est ainsi qu’on l’a vécue. Mais chaque choix, chaque hésitation, chaque silence aurait pu ouvrir une autre porte, révéler un autre chemin.

Et si on avait fait ce pas de plus ? Si on avait saisi une chance au lieu de la laisser filer ?

C’est là que commence Parallèle. Une autre version de nous. Une réalité où tout aurait pu basculer différemment. Peut-être est-ce une illusion, ou peut-être qu’au fond, cette histoire existe déjà quelque part.


Le jeudi ordinaire

Jeudi 18 juin 2026.Rien d'important n'était prévu ce jour-là.
Aucune déclaration.
Aucune promesse.
Aucun grand projet.
Juste un jeudi.
Chris était sur son chantier depuis le matin. Il pestait contre un niveau laser qui refusait obstinément de fonctionner correctement. Pour la quatrième fois de la journée, il avait posé son café sur un mur qui n'existait pas encore.
Vers midi, son téléphone vibra.
— Tu fais quoi ?
Il sourit.
— Je construis une maison. Enfin j'essaye.
— J'ai faim.
— C'est un appel à l'aide ?
— Peut-être.
Une heure plus tard, elle arrivait avec cette démarche qu'il aurait reconnue parmi mille.
Pas de maquillage particulier.
Pas de robe.
Pas de mise en scène.
Juste elle.
Elle s'assit sur une pile de placo.
— C'est donc ça ton royaume ?
— Attends de voir quand il y aura un toit.
Elle éclata de rire.
Puis ils mangèrent.
Un sandwich.
Une bouteille d'eau.
Deux pâtisseries qu'il avait achetées en pensant à elle.
Ils parlèrent de tout.
Des enfants.
De Sandy.
D'un voisin étrange.
D'un film qu'ils n'avaient toujours pas regardé ensemble.
À un moment, un silence s'installa.
Pas un silence gênant.
Un de ceux qui arrivent quand deux personnes n'ont plus besoin de remplir l'espace.
Elle regardait la maison.
Il la regardait elle.
— Tu sais, dit-elle finalement.
— Hum ?
— Je crois que ce que je préfère ici, ce n'est pas la maison.
— Ah bon ?
— Non.
Elle haussa les épaules.
— C'est que pendant quelques heures... ma tête se repose.
Il ne répondit rien.
Parce qu'il savait exactement ce qu'elle voulait dire.
Alors il lui tendit simplement son café.
Elle prit une gorgée.
— Il est froid.
— Comme ton cœur.
— Tais-toi.
Ils éclatèrent de rire.
Puis le chantier reprit.
Comme la vie.
Simplement.
Et en rentrant chez elle ce soir-là, coincée dans les bouchons, elle se surprit à penser qu'elle venait peut-être de vivre l'une des plus belles journées de son année.
Pas parce qu'il s'était passé quelque chose.
Mais précisément parce qu'il ne s'était rien passé.
À part eux.

Parallèle — Le jour où la machine s’est tue

Dans cette ligne du temps, personne n’a vu le train arriver.
Il était pourtant annoncé depuis longtemps.


La machine était garée là, comme toujours, prête à recommencer.
Elle avait déjà triché avec le temps plus d’une fois.
Assez pour croire qu’il y aurait toujours un autre essai.


Le 27 octobre, tout s’est arrêté.


Le choc n’a laissé aucune place au doute :
il n’y aurait pas de retour en arrière.
Pas de bouton.
Pas de seconde tentative.


Ils n’étaient pas ensemble à ce moment-là.
Ils ne l’étaient plus vraiment depuis un moment déjà.
Mais chacun, de son côté, a senti la même chose :
quelque chose venait de se fermer…
ou peut-être de s’ouvrir autrement.


Les jours ont repris leur cours.
Plus lentement.
Sans effets spéciaux.


Parfois, leurs trajectoires semblaient se rapprocher.
Parfois non.
Le temps, désormais, ne répondait plus aux ordres.


Et dans cette histoire parallèle, une question restait en suspens :
si un jour ils se retrouvaient face à face,
sans machine, sans détour, sans excuse…
sauraient-ils reconnaître que c’était enfin le bon moment --
ou comprendraient-ils que le voyage avait toujours été celui-là ?



Les non-dits

Cela faisait déjà plusieurs semaines que CJ et MJ ne se comprenaient plus.
Chacun d’eux refusait de perdre l’autre, mais aucun ne trouvait la formule magique.
CJ pensait donner son maximum, MJ avait l’impression de ne jamais recevoir assez.
Résultat : un climat chaotique, fait de frustrations, de silences et de disputes larvées.

Un jour, CJ prit son courage à deux mains. Elle accepta d’aller retrouver MJ à son agence.
Il lui avait proposé, au préalable, de passer à un moment où il serait seul.
L’atmosphère était lourde, mais les mots étaient passionnés.

MJ, une fois de plus, ouvrit son cœur comme jamais.
Il lui dit qu’il l’aimait, qu’elle était pour lui une évidence,
qu’il la voyait déjà comme la femme de sa vie.

CJ, elle, restait bloquée.
Partagée entre l’élan de ses sentiments et la volonté de protéger sa famille,
elle ne pouvait pas totalement être elle-même.

Alors MJ lâcha ce qu’il avait sur le cœur :
il lui dit qu’il n’en pouvait plus,
que c’était devenu insupportable de rester à l’écart sans aucun signe réel de son attirance.
Mais même dans la douleur, l’amour le poussait à chercher une issue douce.
Il lui confia qu’il pensait qu’il valait peut-être mieux la laisser vivre sa vie…
et attendre, si un jour son tour venait enfin.

CJ détourna le regard.
Ses yeux se perdirent ailleurs. Elle ne voulait pas entendre ça.
Elle savait la valeur de MJ.
Elle savait qu’en le laissant partir, elle risquait de le perdre à jamais.
Et pourtant, ses mots à lui ne semblaient plus avoir d’effet.

Alors MJ la prit dans ses bras.
Un câlin passionnel, d’abord tendre, puis débordant de fougue.
Les deux êtres ne pouvaient plus se décoller.

MJ embrassa son cou, noyé sous ses cheveux.
CJ dégagea la nuque, comme un signal.
MJ y posa ses lèvres, puis sa langue, glissant lentement jusqu’à l’épaule,
comme s’il roulait une dernière cigarette.
Une métaphore évidente : fumer est un poison,
tout comme l’acte qu’ils s’apprêtaient à commettre.

Et pourtant, le désir, brutal, inarrêtable,
les enveloppait.

Les baisers s’enchaînèrent, les caresses, les coups de langue.
CJ prit l’initiative.
Elle s’installa au coin du bureau de MJ.
Elle aussi ne voulait plus réfléchir.
Le moment était volé au temps, impossible de dire que ce n’était pas agréable.

Dans le feu de l’action, MJ lui demanda si elle voulait lui faire l’amour.
La réponse fut positive, mais CJ ajouta une astérisque :
— Mais je ne peux pas.

Quelle frustration pour MJ !
Voir l’être qu’il aime, qui commence à s’abandonner,
et se heurter à ses idéologies, à ses barrières.

Il ne força pas.
Il suggéra simplement un lot de consolation, que CJ n’attendait pas forcément.
Mais lui, sûr de lui, ne voulait que son plaisir à elle.

Alors elle se laissa faire.
Elle se laissa prendre en bouche.

Ce préliminaire, sur ce bureau,
avec la possibilité d’être vus de l’extérieur,
l’excita au plus haut point.
MJ, dans une position inconfortable,
donna tout pour la faire jouir ici et maintenant.

CJ, enfiévrée, lui prit la tête et l’appuya davantage,
voulant plus, réclamant,
sentant le désir exploser…


Quand l’acte se termina, CJ reprit ses esprits.
Et d’un coup, le poids du réel s’abattit.
Elle se sentit mal.

MJ, sur le moment, ne comprit pas.
Comment pouvait-il se sentir rejeté après un tel moment partagé ?
Mais en rejouant la scène dans sa tête,
il comprit qu’il avait franchi une limite pour elle.

CJ s’était enfermée dans la salle de bain, en pleurs.
Il la rejoignit.
Il tenta une approche.

Entre deux sanglots, elle expliqua :
oui, c’était allé trop loin pour elle.
Non, elle ne voulait pas continuer ainsi.
Mais en même temps, elle était brisée à l’idée de le perdre.

Alors il la prit dans ses bras.
Un nouveau câlin, tendre, réparateur.
Puis, renversement inattendu :

CJ reprit l’initiative.
Elle lui lécha le cou, lentement, avec ce mélange de sensualité et de désespoir.
Elle le plaqua contre le mur, ouvrit sa braguette, fit glisser son pantalon.
Ses yeux encore humides, les larmes pas totalement sèches,
elle saisit son sexe et le prit en bouche.

Elle le suça, le masturba,
jusqu’à la jouissance.
MJ éjacula dans un mélange de bonheur brut et de douleur muette.
Les larmes aux yeux, lui aussi.

Et puis, tout bascula.
CJ s’envola d’un coup.
Plus de nouvelles. Plus rien.

Alors MJ, seul, décida de publier sur 3pilogu3
les dernières choses qu’il avait aimées en sa présence.


Des mots, des souvenirs,
qu’elle ne lut jamais.


C3 qu3 j'aim3 ch3z CJ

Le trèfle et les airs

Il y a des soirs comme des signes. Celui-là avait la forme d’un 3 mars qui glissait doucement vers le 4. Un entre-deux, un passage secret. Comme ces instants rares où le monde semble suspendu, à mi-chemin entre le hasard et le destin.


Ils s’étaient retrouvés dans un petit restaurant sur les hauteurs, là où les nappes blanches tremblaient un peu sous le vent et où, par la baie vitrée, on voyait s’élever des montgolfières en fin de journée. CJ portait une robe noire, MJ une chemise qu’il n’avait pas choisie au hasard. Mais ce soir-là, les choix semblaient tous guidés par quelque chose de plus grand.


Ils commandèrent un verre. Ils parlèrent peu. Les regards disaient plus. Mais tout autour, les perturbations s’invitaient : des messages sur son téléphone à elle, des appels sur celui de lui. Des rappels de leurs mondes respectifs. Pourtant, malgré ces interférences, ils revenaient sans cesse l’un à l’autre, comme deux aimants légèrement cabossés.


Le dessert arriva, ils n’y touchèrent presque pas. C’est à ce moment-là qu’un vieux monsieur s’approcha de leur table. Il tenait dans la main un objet minuscule.


— Tenez, c’est tombé près de vous. On dit que ça porte chance.


Un trèfle. Pas un ordinaire. Quatre feuilles. Comme leurs quatre yeux accrochés à cette coïncidence.


CJ le prit entre ses doigts, puis le glissa dans la poche de MJ sans un mot.


La suite devint irréelle.


Sur un coup de tête, ils montèrent à bord d’une montgolfière prête à s’élever. Le pilote, discret, comprit vite. Il les laissa seuls avec le ciel.


Le vent les porta loin, doucement. Le soleil se couchait en feu derrière les collines. Là-haut, rien ne vibrait plus. Pas de téléphone. Pas de mots de trop. Juste ce silence dense, et l’évidence.


Le baiser arriva. Comme une réponse. Un pacte silencieux.


Quand ils redescendirent, il la ramena chez elle. Devant le portail, elle posa la main sur son cœur.


— C’est un coup de chance, non ? souffla-t-elle.


Il sortit le trèfle de sa poche, un sourire discret au coin des lèvres.


— Non. C’est un signe.



Le frisson d’un anniversaire

Dans cette autre version de leur histoire, c’est un samedi d’été, un de ces jours où l’air semble trop épais pour les émotions. MJ hésite. Il tient l’invitation de CJ à l’anniversaire de sa fille entre les doigts, comme s’il s’agissait d’un billet pour un territoire interdit.


Elle lui a écrit quelques jours plus tôt :


« Si tu veux passer, tu es le bienvenu… »


Le message était simple. Trop simple. Derrière les points de suspension, il avait lu le trouble, les risques, l’envie. Mais il savait aussi. Le mari serait là. Les enfants, les parents, les amis… et ces regards qui ne rateraient rien. Une tension dans une posture, un sourire trop long, un silence trop chargé.


MJ avait presque décliné. Il avait même rédigé un message qu’il n’a jamais envoyé. Mais ce jour-là, au dernier moment, il était monté dans sa voiture. Il n’allait pas la laisser seule dans cette maison, à faire comme si de rien n’était.


Il arriva un peu en retrait, à l’écart du groupe. Les premières minutes furent floues, comme dans un rêve. Il serra des mains. Il sourit. Il fit connaissance avec ses proches. Et étrangement, il fut bien reçu. Comme un invité discret, un peu réservé, mais sincère.


Puis vint ce moment suspendu.


CJ était dans la cuisine, concentrée sur une salade de pâtes. La lumière du soir filtrait doucement par la fenêtre. MJ s’approcha pour lui demander s’il pouvait aider à porter quelque chose. Ils se retrouvèrent seuls. Deux secondes. Trois tout au plus.


Elle ne leva pas les yeux. Elle restait tournée vers le plan de travail. Et pourtant… sa main glissa doucement en arrière, effleurant la sienne. Un frisson. Léger, mais électrique.


Pas un mot. Juste ce contact. Volé. Comme une signature invisible.


Ils se quittèrent plus tard, sans autre geste, sans une trace de ce moment. Mais cette caresse… elle resta ancrée.


Un message d’amour peint dans l’ombre


Le Cœur dans la rue

Le dimanche midi arrivait avec sa dose de protocoles familiaux. CJ, concentrée sur la route, emmenait son mari et ses deux enfants chez son père, comme prévu. Elle conduisait mécaniquement, un regard fixé droit devant elle, mais l’esprit… très loin.
Sur la banquette arrière, les enfants se chamaillaient gentiment. À côté d’elle, son mari parlait météo, vacances, ou autre chose — CJ ne savait pas trop. Elle hochait la tête à intervalles réguliers, feignant d’écouter. En réalité, elle ne retenait rien.
Son esprit était occupé par lui.
MJ.
Ce lien magnétique, de plus en plus brûlant, de plus en plus compliqué à ignorer. Chaque jour, chaque échange, chaque silence même, renforçait cette tension douce et terrible. Ce midi-là, elle savait qu’elle ne pourrait ni lui parler, ni le voir. Et rien que cette idée lui nouait déjà le ventre.

De son côté, MJ cogitait.
Lui envoyer un message ? Impossible.
Pas pendant un repas de famille.
La belle-sœur de CJ, aussi jalouse qu’intuitive, aurait flairé le moindre mouvement suspect.
Il fallait être discret. Créatif. Souterrain.
C’est alors qu’une idée lui vint.
Simple. Folle. Parfaite.
Il se rendit dans la rue. Il connaissait bien le quartier du père de CJ. Il gara la voiture à quelques mètres, à moitié dissimulée derrière un fourgon de livraison.
Il avait préparé, dans sa veste, un petit cœur jaune, découpé dans du papier rigide, orné d’une patte de chat noire dessinée au feutre. Un clin d'œil à elle. À eux.
Pas besoin de mots, pas besoin de nom. Elle comprendrait.
Mais il ne s’attendait pas à ce que la baie vitrée du salon du père de CJ donne exactement sur la rue.
Chaque mouvement était potentiellement visible.
Il attendit. Longtemps.
Une fenêtre s’ouvrit, puis se referma. Il crut voir une silhouette passer…
Il inspira un bon coup, traversa rapidement, colla le cœur au portail de la maison d’en face, et rebroussa chemin en quelques secondes, le cœur battant comme un voleur de poésie.

Pendant ce temps, CJ souffrait en silence.
À table, les conversations tournaient.
Sur la politique. Sur la dernière mission du frère. Sur les enfants.
Elle souriait. Parfois. Mais ses yeux étaient absents.
Pas de message. Pas de signe. Rien.
Elle sortit son téléphone une fois, discrètement, aux toilettes.
Un petit message envoyé.
Court. Tendre. Anxieux.
Pas de réponse.
Elle soupira, rangea le téléphone dans la poche de sa robe, se regarda un instant dans le miroir.
Elle se parlait intérieurement : Il ne peut pas. Tu le sais. C’est ce que vous avez décidé. Mais pourquoi ça fait si mal, alors ?

Puis vint l’heure du départ.
Ils quittèrent la maison, les enfants couraient devant.
Elle ferma le portail, jeta un dernier coup d’œil à la rue…
Et elle le vit.
Ce petit cœur jaune, collé avec soin.
Avec une patte noire dessinée.
Elle resta figée une demi-seconde.
Puis un sourire immense s’empara de son visage.
Elle détourna la tête pour que personne ne le remarque, mais ses joues s’étaient déjà teintées de rose.
Elle comprenait tout.
Il avait été là. Il avait pensé à elle. Il l’avait attendue. Sans la déranger.
Elle monta en voiture, le cœur léger.
Sur le chemin du retour, elle rit aux blagues des enfants, répondit au sujet météo de son mari, parla même de la couleur des arbres.
Mais dans sa tête, une seule pensée tournait en boucle, douce, chaude, vibrante :
Il m’a laissé un message sans un mot. Et c’était parfait.

L’éclat d’Avril

Cela faisait trois ans. Trois années depuis qu’ils s’étaient retrouvés. Trois années que leurs regards s’étaient recroisés dans cette autre vie.

Pour célébrer ce lien unique, MJ avait tout prévu.


Un point de rendez-vous. À mi-chemin.
CJ monta dans sa voiture, le cœur un peu pressé, un peu curieux. Lui, déjà en tenue, costume trois pièces et regard plein d’étincelles. Elle portait un trench léger, sans savoir encore ce que la soirée lui réservait.


Direction l’Oise.
Et un château.


À leur arrivée, une surprise : une soirée costumée battait son plein. MJ sourit, comme si cela avait été prévu depuis des mois — et peut-être que ça l’était. Il avait tout prévu, même la robe de princesse qui attendait CJ dans une housse derrière le siège.


Elle ressortit quelques minutes plus tard.
Sublime.
Lumineuse.


Ils firent leur entrée comme dans un conte. Elle, flottant dans une robe couleur ivoire, lui, en gentleman noir et blanc à l’allure un peu désinvolte.
Le repas fut un délice. Mets raffinés, champagne fluide, éclats de rires et regards complices. Les mains se frôlaient sur la nappe. Les yeux ne se lâchaient presque plus.


Puis les lumières se tamisèrent, le piano entama quelques accords.
MJ se leva, lui tendit la main, et CJ accepta sans réfléchir.
Une valse lente, fluide, presque irréelle. Ils tournaient au milieu du parquet ancien, les bougies dansant autour d’eux, les murmures du monde s’effaçant.
À ce moment précis, l’amour semblait évident. Inévitable. Éternel.


La soirée touchait à sa fin. Le château s’endormait.


Sur la route du retour, CJ brisa le silence d’un sourire malicieux :
— « Je crois que je vais devoir faire un petit arrêt naturel… »


Un jardin royal bordait la propriété.
Elle descendit, riant doucement. MJ la regarda s’éloigner dans l’ombre des arbres, la lune dessinant des reflets argentés sur sa robe. Quand elle revint, il lui proposa :
— « Et si on prenait un dernier verre ? Juste là… à l’arrière du carrosse. »


Ils s’installèrent à l’arrière de la voiture, portes entrouvertes, musique douce en fond. MJ sortit une petite boîte de sa veste. À l’intérieur : un objet délicat, discret, symbolique. Une attention qui parlait pour lui. CJ resta un instant figée, le cœur serré par l’émotion.


Elle posa sa main sur la sienne.


Leur premier baiser arriva. Hésitant, doux, presque fragile. Puis un autre. Plus long. Plus franc.
Leurs souffles se mêlèrent, les gestes se firent plus naturels. Sa main se glissa le long de sa taille, les doigts frôlant sa peau à travers le tissu. CJ ferma les yeux.


Les caresses devinrent plus franches, plus précises.
Elle murmura son prénom. Une fois. Deux fois.
Ils se laissèrent porter par l’instant, leurs corps aimantés l’un à l’autre.


Puis MJ s’arrêta, la regarda dans les yeux :
— « Est-ce que tu veux… ? »


CJ, les joues rouges, répondit avec sincérité :
— « Pas ici. Pas comme ça. Ce moment mérite un vrai lieu. Un lieu à la hauteur. »


Un silence. Puis une idée.
Il saisit son téléphone, appela. Le château n’était pas totalement fermé. Une chambre était encore disponible.
Elle accepta sans mot.
Et ils y retournèrent.


Dans cette chambre aux draps immaculés, au plafond peint, ils s’abandonnèrent l’un à l’autre.
Avec lenteur. Avec respect. Avec cette tension contenue depuis des mois. Chaque geste avait un sens. Chaque baiser était une promesse.


La nuit fut pure comme de la lumière, enivrante comme un rêve dont on ne veut pas sortir.


Les retrouvailles

Quelque part entre le désespoir et la magie


Le climat entre eux s’était lentement détérioré. Un silence lourd, presque toxique, avait remplacé les regards tendres, les sourires complices. Le retour d’un homme — l’ex — dans la vie de CJ avait tout bousculé. Pour MJ, c’était comme une ombre qui s’étendait, un poison lent et insidieux. Il se sentait mis à l’écart, inutile, presque de trop dans cette équation bancale qu’il s’obstinait à appeler « nous ».

Alors il avait commencé à prendre soin de lui. De ses enfants. De son chien. À s’occuper, à s’ancrer dans la réalité pour ne pas sombrer dans la douleur. Mais rien n’y faisait. Les jours étaient lourds, les nuits trop longues. Les souvenirs revenaient à la surface comme des vagues trop fortes, incontrôlables.

Puis vint cette dispute. Écrite, froide, tranchante. Les deux avaient raison. Et c’était bien le problème. Aucun ne voulait céder. Aucun ne pouvait entendre. Un mur s’était dressé, sec, définitif.
Pour MJ, c’était le coup de massue. La certitude que cette relation n’avait été qu’un flirt pour elle, et un gouffre émotionnel pour lui.

Deux jours passèrent.


Ce matin-là, MJ décida de courir. Pour la première fois, il choisit de le faire autour de son lieu de travail. Les forêts alentour l’appelaient. Il voulait penser à autre chose. Mais à peine ses jambes se mirent-elles en mouvement que son esprit, lui, repartit en boucle. CJ. Toujours elle.
Les 9 kilomètres furent un mélange de douleur physique et de surcharge émotionnelle. Il pensait à elle, à eux, à ce qu’ils avaient été. Sur le retour, une douleur vive au genou gauche. Une alerte. Un signe ?

De retour à l’agence, il s’enferma. Il n’avait pas faim. Son estomac était aussi noué que son cœur. Il grignota à peine. Le téléphone sonna : un ami. Inquiet.
Ils parlèrent longtemps. Une heure passée à vider le sac, à dire ce que MJ n’osait plus se dire à lui-même. Il avait oublié d’ouvrir l’agence au public.

Et puis… ce message.

CJ était passée.

Elle voulait lui faire une surprise.
Il n’était pas disponible. Il n’était même pas là, en réalité. Il était ailleurs, à l’intérieur de lui-même.

Son cœur explosa à la lecture du message. Il l’appela dans la foulée.
Sa voix, si douce, si familière, fut comme un pansement sur une plaie béante.

Elle lui expliqua qu’elle ne pouvait plus passer. Trop de choses à faire. Pas assez de temps.
Mais ils parlèrent. Longtemps. Réglèrent ce qui pouvait l’être. Reconnurent ce qui ne l’avait jamais été. La tension retomba. Les voix se firent plus calmes. Le ton, plus tendre.

Et puis… elle surgit.

CJ poussa la porte de l’agence.

MJ n’en crut pas ses yeux. Elle était là. Vraiment là. Il s’était imaginé mille fois cette scène. Et là, elle prenait forme. Une lumière dans le regard. Un sourire timide, mais sincère.

Ils s’installèrent dans un des bureaux. Face à face. Proches mais encore prudents. Ils continuèrent leur échange, comme si le téléphone n’avait pas été raccroché. Puis MJ tendit la main, attrapa doucement la jambe de CJ, la posa sur son propre genou — douloureux mais vibrant sous le contact.

Ses doigts commencèrent à la caresser. Doucement. Le long de sa jambe, de sa cuisse. Elle ne le repoussa pas. Au contraire. Elle laissa faire. Ses yeux se perdaient dans les siens, sa voix se faisait de plus en plus douce, presque tremblante.

Et soudain, elle se leva. Le regard intense. Elle s’approcha de lui, glissa ses mains derrière sa nuque, et le plaqua lentement contre le dossier de sa chaise.

— « Ferme les yeux. »

Il n’eut pas le temps d’obéir. Sa bouche s’écrasa contre la sienne. Féroce. Faim de retrouvailles. Elle embrassait chaque recoin de son visage. Son cou. Son menton. Sa gorge. Et puis, d’un geste assuré, elle défit son pantalon.

Elle se baissa, sans détour. Sans demande. Sans mot.

Et prit son sexe dans sa bouche.

MJ étouffa un gémissement, pris entre la surprise et le plaisir fulgurant. La langue de CJ dessinait des cercles précis, irréguliers, imprévisibles. Elle alternait les rythmes, jouait avec lui comme s’il lui avait manqué autant que lui l’avait désirée.

Ses mains sur ses cuisses. Sa respiration courte. Les bruits humides de sa bouche. Ce moment irréel, secret, inespéré.

Il bascula la tête en arrière, se mordit la lèvre pour ne pas crier.

Elle releva la tête, le fixa, et murmura :
— « Je crois que j’ai eu plus envie de toi que tu ne l’imagines. »

Les retrouvailles avaient bien eu lieu.
Et rien n’avait jamais été aussi vrai.

6 août – Forêt de Vascos
Le soleil commence à descendre lentement derrière les collines, projetant une lumière dorée à travers les arbres. L’air est chaud, sec, vibrant du chant des cigales qui enveloppe la forêt d’une ambiance presque irréelle. On est tout près de la maison de son père, pas loin non plus de celle que je loue. Mais ici, entre les pins et les eucalyptus, c’est un monde à part.
Je suis arrivé le premier. Mon cœur bat plus vite que d’habitude, peut-être à cause de la chaleur, peut-être à cause de l’attente. Je suis au pied de cet arbre… notre arbre. Celui où elle avait gravé nos initiales, d’un geste timide mais déterminé, il y a bien longtemps maintenant.
Mais aujourd’hui, il y a un ajout.
Juste en dessous de son cœur gravé à la main, j’ai fixé discrètement une petite plaque métallique. Un message simple. Une phrase qu’elle seule pourra comprendre.
J’entends des pas.
Puis je la vois.
Elle arrive, entre deux rayons de soleil filtrés par les branches, comme une apparition. Elle est en robe, légère, fluide. Le tissu ondule autour de ses jambes nues. Pas de culotte, je le devine immédiatement à sa démarche, à cette façon qu’elle a de bouger avec cette assurance féline. Elle me cherche du regard. Quand nos yeux se croisent, tout s’arrête.
Elle sourit. Ce sourire là… Ce sourire qui dit tout sans avoir besoin de parler. Il me coupe le souffle.
— « T’es là », souffle-t-elle.
— « Toujours. »
Elle s’avance, pose sa main sur mon torse, juste au-dessus de mon cœur. Puis son regard glisse lentement vers l’arbre, là où la plaque brille doucement à la lumière du soir. Elle lit. Elle ne dit rien. Mais ses lèvres tremblent légèrement. Elle les mordille, puis se retourne vers moi, les yeux brillants.
— « T’as fait ça… pour moi ? »
Je hoche la tête. Elle se jette dans mes bras.
Et là, dans cette étreinte silencieuse, tout explose. Les semaines sans se voir. Les messages retenus. Les gestes rêvés. Les fantasmes tus. Ses bras se referment autour de moi avec une force nouvelle. Nos bouches se cherchent, se trouvent, se dévorent.
Elle me pousse doucement contre le tronc, les mains sur ma nuque, ses doigts glissant dans mes cheveux. Je sens la chaleur de sa peau sous la robe. Elle s’agrippe à moi, plaque son bassin contre le mien. Je n’ai pas de caleçon. Elle le sent.
Mes mains passent sous le tissu, remontent le long de ses cuisses. Elle est déjà prête. Humide. Frémissante. Je la soulève doucement, son dos contre l’arbre, ses jambes enroulées autour de moi. Le chant des cigales continue, comme un rythme cardiaque au ralenti.
Nos souffles sont courts. Je la regarde dans les yeux.
— « T’es sûre ? »
Elle n’hésite pas. Son regard est clair. Brûlant.
Je la pénètre lentement, profondément. Elle enfouit son visage dans mon cou, étouffe un gémissement. Mon short glisse à moitié sur mes hanches. Nos corps se pressent l’un contre l’autre, comme s’ils n’avaient jamais été séparés.
Ses ongles griffent doucement mon dos. Je sens ses jambes se resserrer, son bassin onduler au rythme de mes mouvements. Chaque va-et-vient est un cri silencieux. Son cou est humide de baisers. Sa poitrine contre mon torse, ses gémissements dans mon oreille. Elle me murmure des choses, des mots qu’elle n’avait jamais osé dire à voix haute.
Nos corps tremblent ensemble, dans cette forêt qui devient témoin de notre amour retrouvé. Elle jouit contre moi, en silence, la tête renversée, la bouche entrouverte, sublime.
Je la suis quelques secondes plus tard, incapable de me retenir plus longtemps.
On reste ainsi, collés, haletants, encore connectés.
Elle me regarde, lisse mes cheveux, puis pose doucement ses doigts sur la plaque.
— « C’est notre endroit maintenant. »
— « Il l’a toujours été. »

Les règles du jeu14 mai 2025
L’instant aurait pu être anodin, mais avec elle, rien ne l’est jamais vraiment.
Il est 21h, une soirée d’un été proche qui démarre à peine. CJ et moi nous retrouvons dans un lieu un peu particulier, un bar à jeux de société caché dans une petite ruelle, illuminé par une guirlande d’ampoules suspendues qui diffusent une lumière chaude et tamisée. L’ambiance est feutrée, les rires fusent ça et là. Une grande table de bois nous attend au fond, sous un mur couvert d’étagères remplies de boîtes colorées.
Ce n’est pas notre premier défi ludique, et ce ne sera certainement pas le dernier. CJ adore les jeux, et moi, j’adore la voir jouer. Ce moment où son esprit analytique s’active, où elle fronce légèrement les sourcils, où elle glisse discrètement sa main derrière ma tête quand elle sent qu’elle prend l’avantage.
La partie démarre sur un jeu d’enchères. Rapidement, je comprends qu’elle maîtrise mieux que moi les règles, qu’elle anticipe mes mouvements. Je la regarde, fascinée par cette lueur de malice dans ses yeux.
« Tu es en train de me piéger ? » je lui souffle en me penchant vers elle.
Elle ne répond pas, un sourire au coin des lèvres.
Elle adore tester ma résistance.
Son parfum, un mélange de vanille et d’agrumes, flotte autour de moi à chaque mouvement de sa main sur la table. Ses doigts effleurent parfois les miens sous le plateau, peut-être volontairement, peut-être pas.
Alors que la partie s’intensifie, un serveur s’approche et pose un Moscow Mule devant elle. Je lève un sourcil.
« Tu sais ce que j’aime », dit-elle en haussant les épaules.
J’ai commandé ce cocktail pour elle sans même lui demander, et cette simple attention semble l’avoir touchée.
Le jeu continue, mais quelque chose a changé dans l’air. Je vois cette lueur différente dans son regard, cette flamme qui brille plus fort lorsqu’elle est bien, lorsqu’elle se sent en confiance.
Finalement, elle gagne. Évidemment. Elle le savait déjà avant même que je joue mon dernier tour. Elle lève son verre, satisfaite.
« Et maintenant ? » me demande-t-elle en mordillant discrètement sa paille.
Je pourrais lui proposer autre chose. Un autre jeu, un autre défi. Mais au fond, ce soir, ce n’est pas la victoire ou la défaite qui m’intéresse.
C’est elle.
Alors, plutôt que de répondre, je pose simplement ma main sur la sienne, doucement, un instant suspendu. Nos regards s’accrochent, et cette fois, c’est moi qui décide des règles.

Dimanche 2 mars 2025
J’attends ce moment depuis des mois. Cinq, pour être exact. Avant que les événements de fin d’année ne chamboulent tout, j’avais envisagé de m’effacer, de prendre du recul et de laisser la place à ceux qui, peut-être, parviendraient à la rendre heureuse à ma place. Mais au fil des semaines, face à l’intensité de nos échanges, cette idée est devenue impensable. Alors, j’ai décidé de marquer le coup. J’ai programmé cette soirée bien à l’avance, pour célébrer notre date fétiche : le 3 mars.
Le seul obstacle à franchir : CJ est toujours en couple. Il aurait été difficile de l’avoir pour moi ce jour-là, avec son travail et ses enfants qui venaient de rentrer de vacances. Il fallait être malin, trouver un moyen de la voir sans attirer l’attention.
J’ai découvert un dîner-spectacle qui faisait un carton sur internet. Des critiques dithyrambiques, des rires garantis, une expérience immersive. Ce qu’il me fallait : une soirée légère, pétillante, un moment de pur plaisir avec elle. Le spectacle s’appelait Vive les mariés, une pièce de théâtre interactive où nous serions plongés dans un mariage qui dégénère. Un concept parfait pour une soirée hors du temps.
Quand nous arrivons, l’ambiance est déjà survoltée. Les acteurs improvisent avec les spectateurs, et très vite, CJ est repérée. Sa prestance, son charisme naturel captivent. Elle est appelée à monter sur scène sous les applaudissements. Elle se prend au jeu, et moi, je la contemple, fier. Les gens autour de nous commencent à murmurer, à échanger des regards complices. Ils nous imaginent ensemble. « Quel beau couple ! », glisse une femme à notre table. Nous ne démentons pas. Nous laissons faire. Nous jouons le rôle qu’ils veulent bien nous donner.
Le mariage fictif se transforme peu à peu en une fête où les inconnus deviennent complices. L’ivresse collective nous emporte. Les rires fusent, la musique monte, les corps se rapprochent. CJ danse, rayonne, s’amuse comme rarement. Elle me voit heureux, et quelque chose bascule dans son regard. Une étincelle, un frisson. Elle s’approche, me plaque contre un mur, et sans prévenir, elle m’embrasse avec une fougue que je n’attendais plus.
L’alcool délasse nos inhibitions. Nos mains se cherchent, se trouvent, se glissent sous nos vêtements dans ce coin sombre du restaurant, à l’abri des regards. Sa respiration s’accélère alors que mes doigts effleurent la peau chaude sous sa robe. Elle frissonne, se cambre légèrement contre moi. Je sens son souffle contre mon oreille, un murmure, un appel silencieux à aller plus loin.
Mes mains explorent ses courbes, son corps vibrant sous mes caresses furtives. Son désir s’accroît à chaque geste, et le mien suit la même ascension. Elle mordille ma lèvre, sa main s’aventure sous ma chemise, ses ongles effleurent ma peau brûlante. La musique assourdit les bruits alentours, nous enfermant dans une bulle où seul compte ce moment d’urgence, de passion brute.
Les voix, les rires, le tintement des verres nous entourent, mais nous sommes ailleurs, perdus dans cette parenthèse interdite. Ses doigts agrippent mon dos, mon souffle se perd contre sa gorge. Elle ferme les yeux, s’abandonne un instant, puis recule légèrement, nos corps encore collés l’un à l’autre.
Elle me fixe, un sourire énigmatique au coin des lèvres. Son regard me promet que ce n’est que le début.
Puis, comme si de rien n’était, elle lisse sa robe, se recoiffe d’un geste léger, et retourne au centre de la fête, me laissant là, encore brûlant de ce moment volé.
Je la regarde s’éloigner, sachant déjà que cette nuit ne fait que commencer.
Bouton Vive les mariés Image

Je la vois… elle déjeune, là, devant moi.
Je suis à trois mètres d’elle, je l’observe, mais elle ne me voit pas.
Son élégance est hypnotisante, jusque dans la façon dont elle tient sa fourchette, délicate, maîtrisée. Chaque geste est fluide, chaque regard qu’elle pose sur son interlocuteur est empreint d’un intérêt sincère.

Les autres clients du restaurant sont absorbés dans leurs conversations, mais moi, je suis là pour elle. Rien qu’elle.

Lorsque son repas commence, j’ai déjà un plat d’avance. Je la vois parler, son visage s’anime, son regard brille. Cette personne face à elle capte son attention, et une autre facette de CJ se dévoile sous mes yeux. Son langage corporel est précis, ses mains esquissent des gestes familiers. Elle mime une prise de sang. Elle parle de son travail.

Puis, soudain, elle s’excuse auprès de son interlocuteur et se lève. Direction les toilettes.

Je la suis. Discrètement.

Les toilettes sont mixtes. Elle referme la porte derrière elle, sans bruit. Je pousse la porte des lavabos, m’avance. Je sais qu’elle est derrière cette cloison. Je ferme les yeux un instant, et là, je le sens…

Son parfum.

Un mélange de vanille et de jasmin, envoûtant, reconnaissable entre mille. Je m’attarde, juste un instant, pour capter cette empreinte olfactive qui m’a toujours troublé.

Mais de l’autre côté, elle devine ma présence. Elle sait.

Elle reconnaît mes chaussures. Cette paire que je porte souvent, unique, identifiable.

J’hésite. Je pourrais partir. Ne pas briser cette tension suspendue. Mais elle prend les devants.

La porte s’ouvre brusquement.

Elle me surprend. Nos regards se croisent. Pas un mot. Juste un échange silencieux, chargé de mille sous-entendus.

Je lâche un simple « Salut ». Elle répond de la même manière, mais son regard en dit plus long.

L’ambiance est étrange, électrique. Un moment à part.

Elle passe devant moi, se dirige vers le lavabo. Je la suis, me postant derrière elle.
Nos reflets se superposent dans le miroir. Nos mouvements se synchronisent alors que nous nous lavons les mains, comme une scène chorégraphiée, un écho silencieux.

Nos doigts s’effleurent. Elle ne recule pas.

Puis, lentement, elle cambre légèrement son dos contre mon torse. Une invitation implicite.

L’appel est trop fort. Je m’abandonne à ce moment suspendu, déposant mes lèvres contre sa nuque, là où son parfum est le plus intense.

Elle frissonne.

Je laisse mes mains glisser doucement le long de ses hanches, découvrant les courbes sous le tissu fin de sa robe. Son souffle devient plus court, plus saccadé. L’espace exigu semble disparaître autour de nous, nous enveloppant dans cette bulle brûlante où seuls nos désirs existent.

Elle ferme les yeux, bascule légèrement la tête en arrière, m’offrant plus d’elle, et moi, je prends ce qu’elle m’offre. Mes lèvres explorent sa peau, mes mains effleurent chaque centimètre disponible, et elle s’abandonne à cette étreinte clandestine, incontrôlable.

Les secondes s’effacent, remplacées par l’urgence du moment.

Puis, doucement, elle reprend le contrôle. Nos respirations s’apaisent. Elle lisse sa robe, réajuste ses cheveux.

Elle attrape sa montre sur le rebord du lavabo, la remet sans y prêter attention… mais cette fois, sur l’autre poignet.

Elle se regarde une dernière fois dans le miroir, mordille légèrement sa lèvre. Comme pour se rappeler, pour ancrer cet instant.

Puis, sans un mot, elle ouvre la porte et retourne à sa table.

Son interlocuteur l’observe, intrigué. Il plisse légèrement les yeux, fixant son bras.

« Tiens… Je croyais que tu la portais de l’autre côté ? »

Elle s’arrête une fraction de seconde. Son regard vacille.

Elle relève les yeux. Cherche quelque chose du regard.

Moi, je ne suis plus là.


**21 août 2007 – Algarve, Portugal**

C’est ma fête aujourd’hui. Et pourtant, ce n’est pas ce détail qui marquera cette soirée d’été, mais plutôt cette rencontre inattendue, presque écrite d’avance.

Je tombe nez à nez avec elle. Une aura exceptionnelle, un charme envoûtant. Brune, la peau mate réchauffée par le soleil portugais, des yeux sombres où se reflètent les lumières tamisées de la villa. Son regard m’accroche, une douceur mystérieuse y flotte. Elle est là, entourée de sa famille. Très vite, nos mondes se croisent et sans vraiment le vouloir, nous échangeons nos proches comme on échange nos vies. Drôle de manière de faire connaissance, mais il y a un match évident.

Elle est seule. Son petit ami n’est pas avec elle, et à la façon dont elle en parle – ou plutôt n’en parle pas – il semble évident que ce n’est rien de sérieux.

Un peu plus tard dans la soirée, alors que les conversations s’éparpillent et que le bruit s’apaise, je la retrouve assise sur une balançoire au fond du jardin de cette belle villa portugaise. Elle est là, silencieuse, regardant dans le vide, l’air perdu dans ses pensées. L’ambiance est douce, presque irréelle. Un léger vent s’est levé, apportant avec lui le parfum du jasmin et le murmure de l’océan au loin.

Je m’approche doucement, sans la brusquer. Mon gilet sur le bras, je le lui tends avec un sourire bienveillant.

« Tu vas attraper froid… »

Elle hésite une seconde, puis accepte. Lorsqu’elle le passe sur ses épaules, son parfum m’effleure. Une senteur enivrante, un mélange de vanille et d’agrumes, sucré et délicat. Il se mêle au mien, boisé, légèrement épicé. Un équilibre parfait. Nous échangeons quelques mots, découvrant des points communs, des fragments de nos vies. Très vite, la connexion se fait, naturelle, fluide, comme si nous nous étions toujours connus.

Je suis un voyageur, et l’Algarve, je le connais comme ma poche. L’envie de partager cette beauté avec elle me traverse. Alors, sur un coup de tête, je lui propose une virée nocturne. Elle sonde sa famille, moi la mienne. Quelques instants plus tard, je tiens les clés de la voiture de mon père.

Il est 22h lorsque nous quittons la villa. Algarve by night. Sous les réverbères dorés, la route défile, la mer brille sous la lune, et l’air est tiède, chargé de cette magie d’été. Nous nous aventurons d’abord à Albufeira, où la ville bat encore au rythme de la fête, puis je l’emmène ailleurs, vers un endroit que peu connaissent. Un pub secret, niché au creux des falaises, à l’abri des regards. Une ambiance feutrée, des lumières tamisées aux reflets chauds, une musique douce qui flotte dans l’air. Le *Nikky Beach*.

« C’est une bulle hors du temps », souffle-t-elle en s’installant.

Je lui fais découvrir un daïquiri morango. Elle goûte, sourit, hoche la tête.

« J’adore. »

L’alcool monte doucement, libérant les mots, intensifiant les regards. L’attirance devient palpable. Une tension subtile, des effleurements involontaires, sa main qui frôle la mienne en attrapant son verre.

« Et si on allait marcher un peu ? » me propose-t-elle.

Je ne peux qu’accepter. Direction Vale do Lobo. Ce coin que j’aime tant, avec ses longues plages sauvages, son sable doux et cette mer qui, pour une fois, est d’une température idéale. Nous marchons côte à côte, laissant nos empreintes sur le sable humide.

À un moment, elle s’arrête, me regarde avec cette lueur malicieuse dans les yeux.

« Je vais faire un truc de ouf. »

Je souris, intrigué.

« Ah oui ? Quoi donc ? »

Sans un mot, elle saisit ma main et entrelace ses doigts aux miens. Une balade nocturne qui sent l’évidence.

Le silence entre nous est d’une intensité rare. Il y a quelque chose de magique dans cet instant, un moment suspendu entre le réel et l’inexplicable.

Je prends une grande inspiration et me lance :

« Tu sais, CJ, cet endroit, je l’aime encore plus désormais. Et je sais que nous risquons de ne plus nous revoir après les vacances. Alors je vais te le dire maintenant, au cas où tu y penses un jour… Je compte m’installer ici quand j’aurai réussi ma vie. C’est ici que je veux vivre. »

Elle me regarde, son regard ancré au mien, le bruit des vagues accompagnant notre échange.

« Je comprends », murmure-t-elle. « Cet endroit est merveilleux. »

Et à cet instant précis, sous la lune bienveillante et l’océan témoin silencieux, le temps semble s’arrêter.


Chaque matin, mon premier réflexe était d’ouvrir WhatsApp. Son statut, sa dernière connexion, tout me donnait des indices. Si elle s’était connectée avant 6h, c’était signe qu’elle allait au travail. Sinon, elle restait chez elle, quelque part entre ses responsabilités et ses pensées. Cette routine anodine était devenue mon rituel. Comme si, en observant ce simple détail, j’avais encore un peu de contrôle sur ce lien fragile qui nous unissait.


Le soir venu, nos conversations prenaient toujours la même trajectoire. On parlait de tout et de rien, on riait des candidats maladroits de Pékin Express, on commentait les stratégies absurdes, les alliances improbables. Elle préférait m’envoyer des messages plutôt que de s’asseoir près de son mari, me le confiant presque comme un secret.


« Je préfère te parler à toi. »


Cette phrase résonnait en moi, comme un écho interdit. Elle me racontait aussi ces messages qu’elle recevait d’autres hommes, des tentatives maladroites de capter son attention. Mais elle les ignorait. « C’est avec toi que je veux parler », disait-elle.


Puis venait ce moment particulier. Toujours le même. Comme si un voile se posait sur son visage, même à travers les mots écrits. Elle devenait sensible, fragile, comme si quelque chose en elle luttait contre cette connexion si naturelle entre nous. C’était notre CJS, cette version d’elle qui se laissait traverser par des émotions brutes, sincères, incontrôlées.


Et moi, je restais là, accroché à chacune de ses confidences, à cette tendresse dissimulée dans ses hésitations. À la fin de ces longues discussions, je lui écrivais souvent :


« Je t’aime. »


La réponse était toujours la même, douce mais incomplète :


« Moi aussi… je ressens quelque chose pour toi. »


Elle n’arrivait jamais à prononcer ces trois mots en entier, comme si les dire rendrait notre lien trop réel, trop dangereux.


Et puis, ce soir-là, tout était différent. Sa dernière connexion, ses messages, sa voix à travers des notes audios… tout semblait empreint d’une nostalgie étrange.


« J’ai peur », m’a-t-elle avoué.


« Peur de quoi ? »


« De ce que je ressens. De ce qu’on devient. »


Je n’ai pas su quoi répondre. Le silence s’est installé, plus lourd que d’habitude. Et puis, après de longues minutes d’attente, elle a écrit :


« J’ai pris une décision. Je dois arrêter. »


Je suis resté figé. Mon cœur s’est emballé, mes doigts tremblaient sur l’écran.


« Pourquoi ? »


Les trois points d’écriture sont apparus. Une éternité. Puis enfin :


« Parce que ce soir… je t’aime.


Le message a disparu avant que je puisse le lire une deuxième fois.


Statut WhatsApp : Dernière connexion : 22h34.


Puis, plus rien.


Elle avait désinstallé l’application.

**14 février 2033 – 20h00**

Mon avion vient de se poser sur le tarmac parisien après un voyage d’affaires en Suisse. Une semaine loin d’elle, loin de sa voix, de son regard, de son parfum. J’ai compté les jours, les heures, et maintenant, tout ce que je veux, c’est la retrouver.

Une voiture m’attend à la sortie. Pas de détour, pas d’attente inutile, direction chez elle. Le trajet me semble interminable, chaque feu rouge rallonge l’impatience qui brûle en moi. Mon téléphone vibre. Son message, court, énigmatique :

"Hâte de te voir. Ce soir, c’est spécial."

Elle sait attiser le mystère, jouer avec mes sens avant même que je sois là.

Quand j’arrive enfin devant sa porte, mon cœur bat fort. Je frappe doucement. Elle ouvre, et là, tout s’arrête.

Elle est sublime. Une robe en soie noire qui épouse ses courbes, une lueur espiègle dans les yeux, et ce sourire… celui qui me fait tout oublier. La pièce est plongée dans une lumière tamisée, des bougies disposées un peu partout projettent des ombres dansantes sur les murs. L’odeur du jasmin flotte dans l’air, envoûtante.

Elle ne dit rien, attrape ma main et m’entraîne à l’intérieur, refermant lentement la porte derrière moi.

Dans le salon, son canapé sous l’escalier semble nous observer, complice de cette soirée qui s’annonce inoubliable. La cheminée a disparu, remplacée par un poêle à bois au design épuré, dont la chaleur douce se répand dans la pièce, amplifiée par le chauffage au sol que je venais tout juste d’installer. La sensation de cette chaleur sous mes pieds, contrastant avec la fraîcheur du dehors, rend l’instant encore plus réconfortant.

Un seau de champagne repose sur un lit de glace. Mais ce n’est pas là qu’elle veut que ça se passe.

Sans un mot, elle me guide vers la chambre.

Là, au centre du lit recouvert de draps en satin, elle m’observe, un mélange de douceur et de malice dans le regard. Puis, lentement, elle fait glisser sa robe le long de son corps, la laissant s’effondrer à ses pieds. Sa peau est douce, éclairée par la lueur chaude des bougies. Je m’approche, mes doigts effleurent sa hanche, remontent le long de sa taille, savourant ce contact tant attendu.

Elle s’allonge sur le dos, son corps offert, divinement sensuel.

Et c’est là que je découvre la surprise.

Des sushis et des makis soigneusement disposés sur elle, chaque bouchée posée sur sa peau, la transformant en un plateau vivant, irrésistible. L’odeur du riz vinaigré, du saumon frais, du gingembre confit se mêle à son propre parfum, un mélange enivrant.

Elle rit doucement en voyant mon regard intrigué, amusé, affamé.

Je prends une coupe de champagne, la fais tourner entre mes doigts avant d’en approcher le bord de ses lèvres. Elle boit lentement, me fixant toujours, attendant la suite.

Je me penche alors, effleurant à peine sa peau de mes lèvres avant de capturer un maki entre mes dents. Chaque bouchée est un jeu, un prétexte pour parcourir son corps du bout des doigts, de la langue, entre une caresse et un frisson.

Son souffle s’accélère, ses paupières se ferment légèrement sous les sensations. Chaque sushi que je prends devient une excuse pour m’attarder sur elle, pour l’embrasser, explorer chaque centimètre de cette peau frémissante sous mon toucher.

Ce soir, la Saint-Valentin n’a pas besoin de mots. Juste de ce festin sensoriel, de nous, de cette attente devenue étreinte.

Joyeuse saint Valentin mon rêve ❤️

Je suis dans le train pour me rendre au travail quand je reçois un message de CJ me souhaitant une belle journée. À cet instant, je me mets à penser : que se serait-il passé si j’avais trouvé le courage de l’embrasser ce 24 août ? Est-ce que le 3 mars aurait existé ?
Huum... pas sûr.
Son message me fait plaisir, et je m’attends à la voir dans la journée. En marchant de la gare à l’agence, je tente une chose surnaturelle : penser très fort à quelque chose que je souhaite voir arriver. Je me mets alors à imaginer CJ m’attendant devant la porte de mon travail. Plus j’avance, plus j’y crois. Mais au dernier virage, à 90 degrés, il n’y a personne.
Je me dis que ce n’est qu’un jour comme un autre, rien de plus. J’essaie de me concentrer sur le travail, en vain. Elle occupe mon esprit malgré son absence.
Il est midi... Je sors m’acheter à manger. En traversant le marché couvert de Meaux, mon regard se fige au loin. Une Clio. Son signe distinctif sur la plaque : CJ inscrit dessus. Mon sang ne fait qu’un tour, et je perds mes moyens. La surprise est bien réelle. Je me pince. Ça fait mal. C’est bon.
Je la découvre, habillée en robe. Elle sait que j’aime la voir comme ça. Son parfum somptueux m’envahit, il me plaît sans limite. Nous décidons de manger un bout rapide, elle n’a pas beaucoup de temps à me consacrer. Mais je retiens cet effort, il me touche énormément. Le repas se passe bien, ponctué de quelques blagues pourries de ma part. Elle commence à s’y faire. C’est génial, nous sommes connectés dans ce monde parallèle.
Au moment de se dire au revoir, j’ai droit à un petit smack amical, comme un indicateur de ma valeur du jour à ses yeux. Suffisant. Je le garde avec moi.


Le temps passe, nous sommes toujours en 2023. CJ voulait me revoir, mais je voulais que les choses reprennent là où elles s’étaient arrêtées. Pour cela, j’ai décidé de créer une chaîne TikTok dédiée à mon amour pour CJ. L'envie de faire des petites vidéos quotidiennes, partagées au monde entier, pour que chacun sache à quel point j’aime cette femme.
Le démarrage de la chaîne ne fut pas un succès. À peine 20 personnes suivaient mes aventures... J’ai alors décidé de revoir mon projet et de créer un site entièrement dédié à la femme de mes rêves.
J’avais envie de lui chanter une chanson, pour qu’elle comprenne à quel point mes sentiments pour elle me transportaient. Une fois le site prêt, j’ai décidé de lui offrir ce cadeau d’une manière particulière. J’aime faire les choses en grand, alors il fallait qu’elle ressente toute l’importance qu’elle avait dans ma vie à ce moment-là.
J’ai donc décidé de lui offrir un petit présent accompagné d’une carte indiquant le site. Pour cela, j’ai mobilisé toute une équipe de vente en prêt-à-porter MK, afin qu’ils soient aux petits soins avec elle. Le hic, c’est que j’avais dit que c’était ma femme. Je ne voulais pas qu’elle se sente mal à l’aise, alors j’ai dû coacher tout le monde pour qu’ils n’en fassent pas trop.
Une fois dans le magasin, j’étais là, dehors, à la contempler. Elle était si belle. Son instinct l’alerte, elle sent mon regard et tourne la tête vers l’extérieur. Nos regards se croisent. Elle me fait un sourire, illuminé comme jamais… J’avais réussi.

4 mars 2023, 5h10 du matin... Je viens de déposer CJ chez elle. Un an auparavant, j'étais à des années-lumière d'imaginer que je connaîtrais un jour son adresse. Sur la route, je suis tout perturbé, comme si quelque chose d'important venait de se passer dans ma vie. Je roule en direction de la maison, là où ma famille m'attend, mais ce n'est clairement pas l'envie du moment. Je ne veux pas rentrer, pas maintenant. Mais il le faut. Ma femme doit me laisser les enfants pour le week-end, et je n'aurai pas beaucoup dormi.
Sur le chemin, mon téléphone vibre. Des messages... c'est elle. Rien qu'elle. Je suis fatigué, mes yeux peinent à lire, mais je me force, de manière imprudente. Finalement, je me gare sur le bas-côté. Les messages relatent les faits, de part et d'autre, avec des mots plus doux qu'à l’accoutumée. C'était enfin arrivé. Et puis, un peu plus tard dans la conversation, ces mots : J’ai envie de toi.
Ces mots si désirés... Je n’hésite pas. Demi-tour. Peu importent les 40 minutes qui nous séparent. Pour maintenir l'intensité, je lui suggère de continuer à imaginer cette scène, celle de l'hôtel. Dans la salle de bain, je me tiens derrière elle, nos souffles se mélangent. Nous alimentons le fil. Je lui propose des baisers dans le cou, elle me propose d’enlever délicatement le haut de sa robe... Sur le dernier vocal elle m'envoi son son de soupire pour me faire comprendre qu'elle se caresse en m'attendant.
Je roule, chaque kilomètre avalé me rapproche de l’inévitable. Peu importe l’endroit, l'hôtel semble être la meilleure option. Mais alors que je suis à cinq minutes d’arriver, un bruit sourd me sort de mes pensées. Un clou. Une crevaison, immédiate. Comme un signe. Le maudit soufflet qui se dégonfle.
Je la préviens. Impossible de continuer. Il faut attendre la dépanneuse. Une heure trente-trois de perdue. Quand enfin je peux repartir, CJ s’est endormie. Elle était inquiète pour moi, mais le moment est passé. Ce sera pour plus tard.

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